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2008-05-20 Dernier maquis : palettes, paroles et résistance

palettes rouges, film

Causer, s'exprimer, libérer la parole pour mieux saisir le monde tel qu'il va : c'est une tradition ancienne du cinéma français (qui a par exemple fait merveille chez Jean Renoir ou Maurice Pialat), dont on observe depuis quelques années la vivifiante réactualisation. Si le multi-césarisé Abdellatif Kechiche a parfaitement su lier réinvention de la langue française et vertiges identitaires, Rabah Ameur-Zaimeche frappe lui un grand coup avec ce Dernier maquis, qui dépeint avec grâce la circulation de la parole dans une entreprise de réparation de palettes. Le patron, Mao, est musulman et cherche, entre autorité et complicité, à trouver un juste rapport dans ses relations avec les employés, presque tous originaires du continent africain.

 
Lire la suite de la critique de Dernier maquis, présenté à la Quinzaine des réalisateurs du festival de Cannes.
3 questions à Rabah Ameur-Zaimeche :

A propos du titre

Le dernier maquis, ça représente ce mur de palettes qui est un lieu de résistance, un lieu de lutte. Finalement les choses ne changent pas, elles demeurent. Le moteur de l'histoire, c'est toujours la lutte des classes. La fin de l'histoire, ce n'est pas pour demain.

Le film est-il la clôture d'une trilogie, après Wesh Wesh et Bled number one ?
J'ai effectivement le sentiment de terminer quelque chose que j'avais commencé avec Wesh Wesh, sur les structures sociales, sur le déterminisme et aussi sur les différentes particularités des diasporas.

Le patron construit-il une mosquée afin de mieux contrôler les travailleurs ?
Ouvrir une mosquée dans un lieu de production ne va pas sans conséquences. C'est un lieu où on peut prier, s'organiser et parler de ses différentes activités quotidiennes. On peut donc y faire de la politique ; la mosquée est un lieu politique par excellence. Elle est gardienne du troupeau mais aussi gardienne des valeurs les plus démocratiques de notre système politique. Le patron ne fait pas ouvrir cette mosquée uniquement pour dominer, c'est avant tout pour participer et tenter de séculariser une religion méconnue.

(propos recueillis par Damien Leblanc lors de la conférence de presse du film à Cannes ; Photo Marc Buchy


     
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