Les entreprises qui fabriquent des emballages en bois pour le transport de marchandises s'inquiètent de l'entrée en vigueur d'une réglementation fédérale.
Pour éviter de transporter des parasites et d'autres insectes nuisibles, le bois utilisé pour la fabrication de palettes, de caisses et de cageots à destination des États-Unis devra être traité.
En 2002, afin de prévenir l'infestation d'insectes nuisibles aux forêts, l'Organisation mondiale du commerce a établi une norme internationale de traitement des emballages en bois. Tout contenant ou structure en bois utilisé pour exporter des marchandises doit subir un traitement thermique ou chimique.
Cependant, le Canada et les États-Unis dans le cadre d'une entente bilatérale avaient décidé de se soustraire à cette obligation. « Nos insectes et les insectes américains sont les mêmes. Nos forêts sont les mêmes. Il n'y a pas lieu d'avoir ce genre de chose », affirme Roland Dufour, porte-parole du Groupe Savoie, une entreprise forestière établie à Saint-Quentin au Nouveau-Brunswick.
Le Groupe Savoie fabrique environ 1,5 million de palettes par année. L'entreprise prévoit que les coûts additionnels qu'entraîne la nouvelle obligation de traiter le bois se répercuteront dans le prix de toutes les marchandises que ses produits servent à transporter.
« Des patates frites, de la tourbe, des pièces de métal, tous ces produits-là sont expédiés sur des palettes. Ultimement, c'est le consommateur qui va payer ça », souligne Roland Dufour.
La difficulté, selon l'Agence canadienne d'inspection des aliments, c'est que l'industrie de l'emballage en bois utilise une variété d'espèces potentiellement porteuses d'insectes nuisibles, comme le longicorne ou l'agrile du chêne.
« Si on peut réduire la vitesse que cet insecte va s'introduire, c'est ça notre but principal », indique Jean-Luc Poupart, porte-parole de l'Agence canadienne d'inspection des aliments.
Les entreprises canadiennes touchées par cette nouvelle mesure ont jusqu'en 2011 pour se conformer.