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2008-07-28 Manifestation pour la reconnaissance de la pénibilité au travail

Manifestation pour la reconnaissance de la pénibilité au travail Jacques Delelis et Sandy Vasseur, de l'Union locale CGT, veulent gagner la bataille de la pénibilité au travail.

Le 4 mars, l'Union locale CGT affrète un bus pour manifester à Arras. Objectif : faire reconnaître la pénibilité au travail et obtenir un départ anticipé à la retraite. Sandy Vasseur témoigne en son nom. Et celui de ses collègues.

Passer sa journée à soulever des palettes, ça use un homme. Prématurément. Un mouvement répété jusqu'à 180 fois par jour. Six à 7 kilos pour les légères, 40 à 45 pour les calibres européens, et 2, 3 ou 4 m pour les palettes hors standard...

Fatalement, le dos trinque, quand ce n'est pas le poignet avec des problèmes récurrents de canal carpien chez ces salariés de Epalia, entreprise violainoise spécialisée dans la récupération et la reconversion de palettes bois. Pénible, ce travail l'est assurément. Mais plus que l'atteinte au physique de ces forçats des temps modernes, c'est l'atteinte au moral qui fait le plus mal. «  Une grille de production a été instaurée pour soi-disant gagner plus. C'est une course à la productivité et un chantage à la concurrence », sourit Sandy Vasseur, 33 ans. Sourit ? Eh oui, «  ça finit par faire rigoler  ». Jaune certes. «  Au-delà de la pénibilité au travail, il y a le gros problème du stress », confirme Jacques Delelis, cheville ouvrière de l'Union locale CGT. Le stress, le grand mal du siècle. Insidieux et silencieux.

Parce que Sandy ne se voit pas, à 62 ans, encore en train de soulever des palettes, il fera partie de ceux qui manifesteront, le 4 mars, à Arras. Une manifestation intersyndicale et interprofessionnelle qui a vu le jour en 2003, au moment des négociations sur la reconnaissance de la pénibilité pour une anticipation de l'âge de la retraite. Ce jour correspond, en outre, à la 16e réunion avec le Medef pour la mise en place de mesures spécifiques de cessation d'activité avant 60 ans pour les salariés ayant été exposés à des conditions de travail pénibles. Dans le Béthunois, plusieurs entreprises sont concernées. Entre autres, les Moulins de Saint-Aubert, Tapis Beaulieu à Douvrin, Dupuis mécanique à Annezin, les cheminots, certains gaziers-électriciens, les métiers du BTP... Une délégation de salariés témoignera devant la préfecture de ses problèmes quotidiens. Et usants.
Physiquement et moralement.


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